Babillard_autisme

Il m’est arrivé à plus d’une reprise de rencontrer des jeunes ayant un trouble du spectre de l’autisme (TSA). En effet, j’ai  travaillé  particulièrement avec des élèves   intégrés au régulier ou fréquentant une école spécialisée pour les troubles graves d’apprentissage telle l’école Vanguard. Bien que leurs besoins puissent ressembler aux élèves dyslexiques ou dysphasiques, certaines notions sont à garder en tête pour faciliter la communication  et maximiser nos enseignements auprès d’eux.

En ce  mois de l’autisme, j’aimerais  justement vous partager ce qui a retenu mon attention lors de la formation Le fonctionnement de la structure de pensée TED (octobre 2006)  présentée par  Brigitte Harrisson,  une personne autiste de haut niveau  ayant un bon sens de l’humour. Cette formatrice, auteure  et cofondatrice de la clinique  ConsulTED est en contact avec plusieurs personnes renommées pour leur expertise en la matière comme le  Dr. Motron, travaillant au Centre de Réadaptation Rivière-des-Prairies.

À garder en tête lorsqu’on parle de trouble dans le spectre de l’autisme (TSA)

L’autiste est coupé du sens de l’information et non de la réalité -Brigitte Harrisson, 2005

  • De plus en plus, les recherches démontrent que le TSA est un trouble neurophysiologique d’origine génétique. Ainsi, l’alimentation  et certains  produits chimiques ou toxiques pourraient influencer la problématique sans pour autant en être les causes premières.
  • Les personnes vivant avec un TSA non pas à priori de problèmes de comportements ou de santé mentale. Toutefois,  d’autres problématiques peuvent coexister avec un TSA (ex.:  dépression, psychose, schizophrénie…)

Comment aider les jeunes ayant un trouble du spectre de l’autisme (TSA)?

  • « La stimulation précoce de ces enfants est optimisée par les livres (selon l’atteinte de l’enfant, il est possible de commencer à 3-4 ans l’apprentissage des lettres/bruits des lettres et de la lecture), l’accès à l’informatique et la musique rythmique. » -Brigitte Harrisson
  • Comme pour tous les élèves, il faut partir de leurs réalités connues pour expliquer et leur enseigner des notions nouvelles.
  • Selon Mme Harrisson, la clé pour aider les personnes vivant avec un TSA est d’être le plus DESCRIPTIF possible. En effet, les intervenants doivent trouver le moyen de mettre des détails sans faire de trop longues phrases. Ce qui peut être tout un défi au quotidien. Lorsqu’une personne ayant un TSA ne nous  comprend pas, c’est peut-être que notre question n’est pas assez descriptive; lui dire alors : «Attends, je vais reformuler ma question». Ainsi, les questions comme « Comment ça va? » ou bien « Quoi de neuf? »  ne  font pas partie des questions descriptives.
  • Il faut faire attention à ce que l’on dit. Par exemple,  l’expression « Lève ta main pour parler »  peut être comprise au pied de la lettre et amener un jeune à lever la main à tous moments lorsqu’il veut prendre la parole, et ce, même en contexte de conversation.
  • Mme Harisson avait suggéré, dans un premier temps, de  faire visiter la nouvelle école d’un élève TSA particulièrement le soir, lorsqu’il n’y a pas beaucoup de personnes et lui donner le plan de l’école.
  • Lorsqu’ils vivent de l’anxiété, ces personnes apprécient que les neurotypiques ne parlent pas trop, car ceci n’est pas aidant pour eux et peut même augmenter leur anxiété.

Pour conclure, je vous laisse sur cette réflexion de Mme Harrisson:

Le but premier de l’intervention est de diminuer l’anxiété chez l’enfant afin qu’il puisse gérer sa structure et ainsi avoir accès à l’information du monde environnant. L’accompagnant doit prendre le rôle de guide qui donne à la personne avec TED (peu importe son âge) accès à l’information.

Ce fut un plaisir pour moi de partager avec vous cette formation.

Merci Mme Harrisson!

Caroline Ricard, orthophoniste
et auteure du blogue Mots-Croisés
« Le langage, au coeur des apprentissages »
www.carolinericard.com